Le corsaire de Saint-Malo

Bon vent vogue la galère, hissez la misaine voguez matelots
Bon vent vogue la galère, il était corsaire de Saint Malo

Il avait un’ jamb’ de bois, sur l’oeil droit un ruban noir
Il faisait très peur à voir, Jean le corsaire du roi

Seul maître de son navire, il était le point de mire
D’un équipage de grognards de charognards de soûlards
Tatoués et balafrés, du vrai gibier de potence
Recrutés et embarqués, le long des côtes de France

Une nuit sur l’océan, un matelot dans la hune
Vit dans un rayon de lune, frégat’ anglais’ sous le vent

Quelle belle prise de guerre, s’écria Jean le corsaire
Toutes voiles déployées, bien tendues et bien gonflées
Nous allons l’arraisonner, ne faisons pas de quartier
Du courage et haut les cœurs, sus à l’anglais mes seigneurs

Sans un seul coup de canon et sans une seule perte,
Ils s’élancèrent sur le pont, la frégat’ était déserte.

Vide était le nid de pie, nulle part signe de vie
Le bateau silencieux, restait bien mystérieux
C’est alors que Jean put lire, à l’arrière du navire
Gravé en grosses lettres d’or
« IL Y A LA PEST’ A BORD »

On raconte que depuis lors, on entend parfois le soir
Sur un grand voilier tout noir, chanter la messe des morts